William déchira l’enveloppe d’une main tremblante.
Emma resta près d’Ethan, trop consciente de la petitesse de la pièce dans laquelle le garçon avait été enfermé.
Il y avait un matelas posé directement sur le sol, une bouteille d’eau à moitié vide, quelques biscuits secs et une petite lampe rechargeable.
Rien qui ressemblât à une chambre.
Rien qui puisse justifier les six jours pendant lesquels Isabella avait prétendu qu’Ethan se trouvait dans le Maine.
William lut la première page.
Puis la deuxième.
Son visage changea.
« Comment as-tu obtenu ce document ? » demanda-t-il.
Isabella se tenait toujours dans le couloir, droite, presque élégante malgré la scène.
Deux serveurs, Claire l’intendante et plusieurs invités attirés par le tumulte s’étaient rapprochés.
Personne ne parlait.
Isabella croisa les bras.
« Il était dans ta maison.
»
« Dans le coffre de Laura », répondit William.
Le nom de sa défunte épouse sembla refroidir l’air.
Ethan resserra ses bras autour des épaules d’Emma.
William relut le document.
Il s’agissait d’un avenant au trust familial créé par Laura Sterling quelques mois avant sa mort.
Une copie certifiée, accompagnée d’une lettre de son avocat.
La résidence principale des Sterling, ainsi qu’une importante participation dans plusieurs sociétés immobilières, n’étaient pas destinées à William seul.
Une grande partie des actifs avait été placée dans un trust irrévocable au bénéfice d’Ethan.
William en était administrateur temporaire jusqu’à la majorité de son fils.
Et surtout, une clause précisait que tout nouveau conjoint de William n’aurait aucun droit direct sur ces biens.
Isabella avait découvert qu’en épousant un milliardaire, elle n’avait pas épousé la totalité de sa fortune.
William releva lentement les yeux.
« Tu as enfermé mon fils pour ça ? »
« Ne sois pas ridicule.
»
Cette réponse, prononcée avec un calme parfait, déclencha quelque chose chez Claire.
« Ridicule ? » répéta l’intendante.
« Nous venons de trouver un enfant derrière une porte verrouillée.
»
Isabella lui lança un regard glacé.
« Vous n’étiez pas là quand il a commencé à fouiller partout.
»
Ethan se raidit.
Emma posa une main sur son épaule.
« Tu n’as rien à expliquer maintenant », lui murmura-t-elle.
Mais le garçon secoua la tête.
« J’ai vu Isabella dans le bureau de maman.
»
William se tourna vers lui.
Ethan parlait très bas.
Trois nuits après le mariage, il s’était réveillé et avait aperçu de la lumière sous la porte de l’ancien bureau de sa mère.
Cette pièce était presque toujours fermée.
William y entrait rarement depuis le décès de Laura.
Ethan avait trouvé Isabella devant un tiroir ouvert, tenant une petite clé et plusieurs dossiers.
Elle lui avait assuré qu’elle cherchait des documents pour William.
Le lendemain, Ethan avait découvert dans la corbeille un morceau d’enveloppe portant le nom de sa mère et celui du cabinet d’avocats Mercer & Blythe.
Il connaissait ce nom.
Laura lui avait dit autrefois : « Si un jour quelqu’un te dit que tout ce qui m’appartenait a disparu, tu appelles monsieur Mercer.
»
À neuf ans, Ethan ne comprenait pas les trusts, les actions ni les clauses successorales.
Mais il se souvenait de cette phrase.
Il avait cherché.
Et il avait trouvé l’enveloppe derrière plusieurs livres dans le coffre secondaire du bureau.
Isabella l’avait surpris.
« Elle m’a demandé de lui donner les papiers