j’avais ensuite développée.
Je n’avais jamais su qu’Évelyne se trouvait derrière le fonds qui m’avait soutenue.
Elle avait toujours refusé que son aide influence mes décisions.
Daniel, lui, avait fini par le découvrir.
Et il avait compris avant moi que ma succession me donnait une position financière beaucoup plus forte que la sienne.
Antoine posa un autre document sur la table.
« La tentative de transfert de ce matin a automatiquement activé la clause de protection prévue par Madame Carrel.
Les comptes concernés sont gelés.
Les droits de gestion contestés sont suspendus.
Toute nouvelle instruction nécessitera la validation personnelle de Madame Moreau.
»
Daniel serra les poings.
« Vous n’avez aucune autorité sur nos comptes conjugaux.
»
« Sur vos comptes conjugaux, non », répondit Antoine.
« Sur les actifs que vous avez tenté d’y rattacher, si.
»
Daniel se tourna vers moi.
« Tu as organisé ça ? »
Je le regardai, stupéfaite.
Même pris avec une fausse signature, il cherchait encore à se présenter comme la victime.
« J’ai appris l’existence de cette clause il y a moins d’une heure.
»
Il rit sans joie.
« Et tu veux que je croie ça ? »
« Je me fiche de ce que tu crois.
»
Sophie prit alors son sac.
Daniel lui barra presque le passage.
« Où vas-tu ? »
« Je pars.
»
« Tu ne pars pas.
»
« Tu m’as dit qu’elle avait validé toute l’opération.
Tu m’as montré des copies signées.
»
Mon regard passa de l’un à l’autre.
« Quelles copies ? »
Sophie hésita.
Daniel intervint immédiatement.
« Ne réponds pas.
»
Elle le fixa quelques secondes.
Puis quelque chose changea dans son expression.
Peut-être venait-elle de comprendre qu’il l’abandonnerait dès que la situation tournerait mal.
Elle ouvrit son sac, prit son téléphone et le posa sur la table.
« Il m’a envoyé plusieurs documents.
»
Daniel devint livide.
« Sophie.
»
« Non.
Tu m’as menti.
»
Elle fit défiler une conversation.
Je vis mon nom apparaître plusieurs fois.
Des fichiers PDF.
Des captures de comptes.
Une copie de mon passeport.
Et des messages de Daniel.
L’un d’eux disait : « Elle sera à Chicago mardi.
On aura jusqu’à jeudi soir avant qu’elle regarde quoi que ce soit.
»
Un autre : « Une fois les autorisations changées, elle ne pourra rien faire sans passer par moi.
»
Je sentis mes jambes devenir lourdes.
Ce n’était plus une impulsion.
Ce n’était plus une erreur.
C’était un plan.
Préparé pendant des semaines.
Antoine demanda à Sophie de ne rien effacer et lui expliqua qu’elle devait conserver l’intégralité des échanges.
Daniel explosa enfin.
« Personne ne va saisir mon téléphone ou celui de qui que ce soit sans ordonnance ! »
Sa voix résonna dans le hall.
Et derrière moi, une petite voix dit : « Maman ? »
Je me retournai.
Liam se tenait dans le couloir de l’étage.
J’avais cru qu’il jouait dans sa chambre avec sa nounou, arrivée peu avant.
Il avait probablement entendu les voix monter.
Daniel leva les yeux vers lui.
Son visage changea immédiatement.
« Liam, remonte dans ta chambre.
»
Mon fils ne bougea pas.
Je montai vers lui et m’accroupis.
« Tout va bien.
Va avec Rosa, d’accord ? »
Il me regarda puis