Birch Street.
« Et la maison ? »
Daniel referma le testament.
« Mme Hale a également pris une décision à ce sujet.
»
Linda le fixa.
« Laquelle ? »
Margaret regarda l’acte de propriété dans le dossier bleu.
La maison où elle avait élevé ses enfants ne serait pas vendue pour partager le produit entre eux.
Elle avait été placée dans une structure destinée à accueillir temporairement des femmes âgées sortant d’hospitalisation et n’ayant pas de famille disponible pour les aider durant leur convalescence.
Rosewood participerait au programme avec une association locale.
Linda pâlit.
« Tu donnes notre maison ? »
Margaret releva les yeux.
« Ma maison.
»
Deux mots.
James ferma les paupières.
Rachel regarda sa sœur.
Linda sembla recevoir la phrase comme une gifle.
« On a grandi là-bas.
»
« Oui.
»
« Papa y a vécu.
»
« Oui.
»
« Ça fait partie de notre famille.
»
Margaret resta silencieuse quelques secondes.
« Pendant deux ans, j’ai fait partie de votre famille aussi.
Vous sembliez moins attachés.
»
Cette fois, personne ne trouva de réponse.
La réunion aurait pu se terminer ainsi.
Mais Linda n’avait pas encore renoncé.
Elle demanda à parler seule avec Margaret.
Daniel refusa tant que Margaret n’en exprimait pas le souhait.
Margaret accepta finalement.
Emily, Priya et Daniel sortirent dans le couloir.
James et Rachel les suivirent.
Linda resta seule avec sa mère.
À travers la porte vitrée, Emily pouvait voir leurs silhouettes mais pas entendre leurs paroles.
Linda parla longtemps.
Elle gesticulait parfois.
Margaret restait presque immobile.
Puis Linda se rassit.
Ses épaules tombèrent.
Quand la porte s’ouvrit, son visage était rouge.
Elle passa devant tout le monde sans dire un mot.
James la suivit quelques minutes plus tard après avoir embrassé sa mère sur la joue.
Cette fois, il l’embrassa vraiment.
Rachel resta plus longtemps.
« Est-ce que je peux revenir dimanche ? » demanda-t-elle.
Margaret la regarda avec prudence.
« Si tu veux venir.
»
« Je veux.
»
« Alors viens.
»
Rachel revint ce dimanche-là.
Puis le suivant.
Au début, Margaret ne changea pas ses habitudes.
Elle mettait son cardigan bleu sans supposer que quelqu’un franchirait la porte.
Petit à petit, Rachel commença à venir avec ses enfants.
James apparut un mois plus tard.
Seul.
Sans papiers.
Il apporta un jeu de dames.
« On m’a dit que tu avais un rival sérieux ici.
»
Margaret désigna M.
Alvarez au fond de la salle.
« Il triche.
»
M.
Alvarez protesta bruyamment.
Pour la première fois depuis longtemps, Margaret éclata de rire devant son fils.
Linda mit davantage de temps.
Trois mois passèrent.
Puis un après-midi, Emily la vit entrer avec le vieux parapluie noir oublié le jour de l’admission.
Linda s’arrêta devant sa mère.
« Je l’avais dans mon garage.
»
Margaret regarda le parapluie.
« Je me demandais où il était passé.
»
Linda inspira difficilement.
« Je croyais que le problème était le testament.
»
Margaret attendit.
« Mais le problème avait commencé bien avant.
»
Margaret ne lui facilita pas la tâche.
Elle ne dit pas que tout était oublié.
Elle ne transforma pas deux années d’absence en simple malentendu.
Elle se contenta de demander :
« Tu veux un café ? »
Linda se mit à pleurer.
«