privées.
La scène autour du vestiaire devait forcément avoir été enregistrée.
Lorenzo se tourna vers lui.
« Faites venir les enregistrements.
Maintenant.
»
« Monsieur Moretti… »
« Maintenant.
»
Le directeur partit presque en courant.
Beatrice protesta.
« Vous n’avez pas le droit de faire cela ! »
Lorenzo lui lança un regard glacial.
« Vous avez crié sur ma mère devant tout le monde.
Je ne vais pas vous demander la permission pour savoir pourquoi.
»
Isabella semblait toujours fragile, mais son expression avait changé.
Sophie s’accroupit près d’elle.
« Vous voulez vous asseoir ? »
Isabella lui prit la main.
« Tu es une couturière ? » demanda-t-elle.
Sophie sourit tristement.
« Non.
Je travaille ici.
»
« Tu as des mains de couturière.
»
« Peut-être.
»
Isabella caressa doucement son poignet.
« Matteo aurait aimé ça.
»
Lorenzo entendit la phrase.
Son regard se détourna un instant.
Sa mère parlait rarement de son père sans se perdre dans ses souvenirs.
Quelques minutes plus tard, le directeur revint avec un ordinateur portable.
La vidéo fut lancée.
Tout le monde regarda.
On vit Isabella avancer seule.
On vit l’assistante de Beatrice arriver.
On vit l’enveloppe.
On vit le visage d’Isabella se tendre.
Puis on vit la femme lui prendre le bras et désigner le couloir.
Isabella refusa.
Elle recula.
L’assistante insista.
Et, lorsque le petit sac perlé tomba plus tard, la caméra montrait clairement la même femme le ramasser.
Elle regarda autour d’elle avant de l’ouvrir.
Beatrice ferma les yeux.
Le sénateur, lui, resta immobile.
La vidéo continua.
L’assistante sortit du sac un papier plié.
Elle le donna à quelqu’un hors champ.
Puis elle glissa le reste dans une petite armoire du vestiaire.
Lorenzo se tourna vers Silas.
« Le tiroir bleu.
»
Silas comprit.
Il traversa la salle.
Beatrice cria :
« Ce n’est pas à vous ! »
Lorenzo répondit :
« C’est précisément ce que nous allons vérifier.
»
Quelques minutes plus tard, Silas revint avec une chemise cartonnée bleue.
Le couloir était désormais rempli de gardes, de membres du personnel et de policiers privés de l’hôtel qui ne savaient plus où regarder.
Lorenzo posa la chemise sur la table.
Sur la couverture, une écriture ancienne.
Moretti Family Trust.
À l’intérieur se trouvaient des copies de documents juridiques, des procurations et des relevés de transactions.
La première page portait le nom d’Isabella.
La deuxième était une autorisation de transfert de propriété.
La troisième renvoyait à une société écran liée à plusieurs contrats publics.
Le visage de Lorenzo se ferma.
Il connaissait cette structure.
Il l’avait déjà vue dans les dossiers d’un concurrent.
Une société utilisée pour déplacer discrètement de l’argent entre plusieurs entreprises.
Il releva les yeux vers le sénateur.
« Pourquoi les affaires de ma famille apparaissent-elles dans votre réseau financier ? »
Le sénateur commença à parler.
Puis s’arrêta.
Beatrice prit la parole à sa place.
« Vous ne comprenez pas.
Votre mère n’est pas en état de gérer ses affaires.
Nous voulions simplement protéger ses intérêts.
»
Lorenzo eut un sourire sans chaleur.
« En lui faisant signer une procuration ? »
Personne ne répondit.
Sophie regarda Isabella.
La vieille femme fixait toujours la chemise bleue.
Puis quelque chose sembla revenir dans sa mémoire.
Elle ouvrit son sac.
À l’intérieur se