trouvait une petite photo froissée.
Un homme plus jeune, dans un atelier, tenant un carnet.
Matteo Moretti.
Isabella retourna la photo.
Derrière, une phrase avait été écrite à la main.
« Le premier à protéger cette famille n’est pas celui qui porte une arme.
C’est celui qui refuse de vendre la vérité.
»
Lorenzo resta silencieux.
Sa mère posa la photo sur la table.
« Il savait », murmura-t-elle.
« Qui ? » demanda Lorenzo.
« Matteo.
Il savait qu’ils viendraient.
»
Beatrice recula.
Sophie commença à comprendre.
L’humiliation n’avait peut-être jamais été un accident isolé.
Elle avait été le moyen de déstabiliser Isabella, de l’entourer de pression, puis de lui présenter des documents qu’elle n’était plus capable de lire correctement.
Mais il manquait encore une chose.
Qui avait donné l’ordre ?
Le téléphone du sénateur vibra.
Encore une fois.
Il regarda l’écran.
Un message bref apparut.
« Elle ne doit rien signer ce soir.
»
Lorenzo le lut.
Le sénateur tenta de ranger son téléphone.
Trop tard.
« Qui vous écrit ? » demanda Lorenzo.
« Cela ne vous regarde pas.
»
« Au contraire.
»
Le silence devint lourd.
Lorenzo fit un signe à Silas.
Le garde prit le téléphone.
Le sénateur protesta.
« Vous ne pouvez pas faire ça ! »
« Pourtant, vous venez de passer toute la soirée à faire croire que vous pouviez tout faire.
»
Sophie resta à côté d’Isabella.
Elle n’avait toujours pas compris pourquoi cette femme lui faisait si confiance.
Alors Isabella lui serra la main.
« Reste », dit-elle.
« Je suis là.
»
« Ils détestent les gens qui disent non.
»
Sophie regarda le sénateur.
Puis Beatrice.
Elle comprit qu’Isabella ne parlait pas seulement d’elle-même.
Elle parlait de toutes les personnes qui avaient refusé de se taire avant eux.
Lorenzo ouvrit enfin l’un des documents.
Sa mâchoire se contracta.
Il reconnaissait une signature.
Celle de son propre avocat.
Un avocat en qui sa famille avait confiance depuis quinze ans.
Et une deuxième signature apparut sous la première.
Une signature qui n’aurait jamais dû se trouver là.
Celle d’Isabella Moretti.
La date remontait à trois semaines plus tôt.
Lorenzo regarda sa mère.
« Maman… tu as signé ça ? »
Isabella secoua la tête.
« Je ne savais pas lire les lettres, ce jour-là.
»
Sophie sentit un frisson lui parcourir le dos.
Lorenzo referma le dossier.
Cette fois, son calme avait disparu.
Il leva les yeux vers Beatrice.
« Vous avez commis une erreur.
»
Beatrice tenta de sourire.
« Laquelle ? »
« Vous avez cru qu’une vieille femme confuse était seule.
»
Il regarda Sophie.
« Et vous n’aviez pas prévu une serveuse qui regarde vraiment les gens.
»
Tous les yeux se tournèrent vers elle.
Sophie sentit ses mains trembler.
Lorenzo s’approcha.
« Vous avez un frère, Toby Clark ? »
Sophie se figea.
« Comment connaissez-vous son nom ? »
« J’ai demandé à Silas de vérifier qui vous étiez avant de vous parler.
»
Son cœur s’emballa.
Elle pensa immédiatement à son frère.
« Il va bien ? »
« Il ira bien.
»
Puis Lorenzo lui tendit une enveloppe.
Sophie ne la prit pas.
« Je ne veux pas d’argent.
»
« Ce n’est pas de l’argent.
»
Elle ouvrit l’enveloppe.
À