ça presque toutes les nuits », dit-elle.
Margaret haussa les épaules.
« Tu étais trop sensible.
»
Cette phrase changea quelque chose en moi.
Pas parce qu’elle était particulièrement violente.
Mais parce qu’elle était exactement ce que ma mère répétait depuis des mois.
Chaque fois qu’Ava souffrait, Margaret transformait la douleur en défaut de caractère.
Chaque fois qu’Ava résistait, elle devenait instable.
Chaque fois qu’elle se taisait, cela devenait la preuve qu’elle était faible.
Ma mère avait construit un piège dans lequel chaque réaction d’Ava pouvait être utilisée contre elle.
Elena referma le téléphone.
« Margaret, vous allez quitter cette maison ce soir.
»
Ma mère éclata de rire.
« Cette maison appartient à mon fils.
»
« Exact », répondis-je.
Son rire s’arrêta.
Je sortis mon téléphone et appelai le responsable de la sécurité de la propriété.
« Martin, monte avec deux agents.
Maintenant.
»
Margaret me fixa.
« Tu vas vraiment demander à des employés de m’expulser de la maison de mon propre fils ? »
« Oui.
»
Aucun cri.
Aucune grande déclaration.
Un seul mot.
Et j’ai vu ma mère comprendre que quelque chose venait réellement de changer.
Elle se tourna vers Ava.
« Tu es satisfaite ? »
Ava sursauta.
Je fis immédiatement un pas entre elles.
« Ne lui parle plus.
»
« Daniel, elle est en train de détruire notre famille.
»
Je la regardai.
« Non.
Elle essaie de survivre à ce que tu lui fais depuis des semaines.
»
Ma mère devint rouge.
« Je t’ai donné cette famille.
J’ai protégé ce nom.
J’ai sacrifié ma vie pour que tu aies tout ce que tu possèdes.
»
« Et ça ne t’a jamais donné le droit de toucher ma femme.
»
Les agents de sécurité arrivèrent.
Martin, qui travaillait pour moi depuis huit ans, s’arrêta en voyant Margaret.
Il connaissait suffisamment notre famille pour comprendre que quelque chose d’extraordinaire se passait.
Ma mère l’observa comme si elle attendait qu’il refuse mon ordre.
« Vous allez accompagner Madame Cole dans la suite d’amis.
Elle prendra ses effets essentiels.
Ensuite elle quittera la propriété.
»
Margaret se mit à rire de nouveau, mais sa voix n’avait plus la même assurance.
« Je ne vais nulle part.
»
Elena intervint.
« Vous devriez pourtant partir volontairement.
»
« Et pourquoi donc ? »
« Parce que Daniel possède des enregistrements où vous menacez Ava, la saisissez physiquement et tentez de lui faire signer un document sous contrainte.
Si vous refusez de quitter les lieux, nous appellerons immédiatement la police et nous leur remettrons une copie complète.
»
Ma mère me fixa longtemps.
Elle cherchait probablement le garçon qu’elle avait toujours su influencer.
Celui qu’elle pouvait culpabiliser avec une phrase sur la famille, la loyauté ou tout ce qu’elle avait sacrifié.
Mais ce garçon avait regardé les vidéos.
« Fais tes valises », dis-je.
Elle partit avec les agents.
La porte se referma derrière elle.
Et pour la première fois depuis mon arrivée, Ava commença à pleurer.
Pas bruyamment.
Son corps se mit simplement à trembler.
Je m’approchai, puis m’arrêtai à un mètre d’elle.
Je ne savais même pas si elle voulait que je la touche.
Cette pensée me fit honte.
« Ava… »
Elle secoua la tête.
« Je t’ai presque tout dit une