bureau de Me Harrison.
L’avocat ne lui proposa même pas de café.
Il posa simplement une feuille devant elle.
« Ryan est venu me voir hier après-midi », dit-il.
Evelyn releva brusquement les yeux.
« Pourquoi ? »
« Il voulait savoir quels pouvoirs il pourrait obtenir si vous signiez une procuration générale.
»
Elle sentit son estomac se nouer.
« Je n’ai jamais demandé ça.
»
« Je sais.
»
Me Harrison ouvrit un deuxième dossier.
« Et il a posé des questions très précises sur votre maison.
»
Evelyn se pencha.
Sur le bureau se trouvait une copie récente de l’acte de propriété.
« Regardez la page trois.
»
Son doigt trembla en remontant la ligne.
Le nom d’Evelyn apparaissait seul.
En pleine propriété.
Aucun codétenteur.
Aucune transmission anticipée.
Aucune signature de Ryan.
Mais ce n’était pas ce qui la troublait.
Me Harrison retourna la page.
« Ce document a été modifié il y a huit mois.
»
Evelyn se figea.
Elle se souvenait vaguement d’un rendez-vous administratif, mais Ryan lui avait dit à l’époque qu’il n’y avait « rien d’important », uniquement une mise à jour de dossier pour la banque.
Elle avait signé quelques papiers sans méfiance.
« Qu’est-ce qu’il m’a fait signer ? » demanda-t-elle.
« Rien qui lui donne la maison », répondit l’avocat.
« Parce que j’ai refusé de certifier cette modification sans votre présence.
Mais j’ai demandé à récupérer les documents préparatoires.
»
Il sortit une chemise plus mince.
À l’intérieur se trouvait une photocopie.
Evelyn la regarda.
Un formulaire de procuration.
Son nom y figurait.
Son adresse aussi.
Et dans la case réservée au mandataire, le nom de Ryan était déjà imprimé.
Evelyn sentit ses mains devenir froides.
« Je n’ai jamais signé ça.
»
« Je sais.
C’est pour cela que je vous ai demandé de venir aujourd’hui.
»
Elle examina la signature.
Elle ressemblait presque à la sienne.
Presque.
Me Harrison prit une loupe dans un tiroir et désigna les traits du nom.
« Regardez le mouvement final.
Votre signature habituelle remonte avant le dernier trait.
Celle-ci s’arrête ici.
Quelqu’un a essayé de la reproduire.
»
Evelyn resta silencieuse.
À cet instant, le vol de la carte ne ressemblait plus à une tentative isolée.
C’était peut-être seulement l’étape la plus récente d’un plan plus vaste.
Me Harrison ajouta : « Nous devons aussi parler de la caméra.
»
Evelyn releva les yeux.
Il lui expliqua que son voisin, M.
Alvarez, avait installé une caméra orientée vers son entrée après plusieurs incidents dans la rue.
La nuit précédente, à 2 h 18, une silhouette avait été filmée entrant dans la maison.
Le visage n’était pas visible sur la première séquence.
Mais la deuxième caméra, placée plus loin, montrait quelqu’un sortant de la propriété.
Ryan.
Evelyn regarda l’écran du téléphone de son avocat.
Elle y vit son fils, capuche sur la tête, tenant quelque chose dans sa main.
Le portefeuille brun.
Elle détourna les yeux.
« Est-ce que je dois appeler la police ? » demanda-t-elle.
Me Harrison secoua légèrement la tête.
« Nous pouvons déposer une plainte, mais avant cela, je veux vous montrer quelque chose qui pourrait être beaucoup plus important.
»
Il sortit une enveloppe scellée.
« Vous vous souvenez de la compagnie d’assurance de votre maison ?