devrais profiter de leur présence pour remettre la maison en ordre.
»
Ethan s’arrêta, une louche à la main.
« Elle a dit quoi ? »
Lauren baissa les yeux.
« Elle trouvait le salon en désordre.
Melissa a dit que les jouets traînaient partout.
»
Il regarda autour de lui.
Trois petites voitures, des cubes et un livre cartonné étaient dispersés sur le tapis.
Une maison où vivait un enfant de deux ans.
Un enfant malade, en plus.
« Et la cuisine ? »
« Ta mère m’a conseillé de nettoyer au fur et à mesure pour ne pas me laisser dépasser.
»
Ethan posa lentement la louche.
« Pendant qu’elle était assise dans cette cuisine ? »
Lauren acquiesça.
Il inspira profondément.
Il aurait pu rouvrir la porte, courir jusqu’à la voiture de Patricia et recommencer la dispute.
Il n’en fit rien.
La colère pouvait attendre.
Sa femme et son fils, non.
Il servit la soupe, débarrassa rapidement une partie du plan de travail et demanda à Lauren de manger pendant qu’il gardait Noah.
Elle prit trois cuillerées avant que ses yeux se remplissent de larmes.
« Quoi ? » demanda Ethan.
Elle secoua la tête.
« Rien.
»
« Lauren.
»
« Je suis juste fatiguée.
»
Il tira une chaise et s’assit en face d’elle, Noah toujours contre lui.
« Tu peux être fatiguée.
Tu n’as pas à faire comme si tout allait bien parce que je viens de rentrer.
»
Cette phrase suffit.
Lauren posa sa cuillère et couvrit son visage de ses mains.
Ses épaules commencèrent à trembler.
Ethan sentit une culpabilité brutale lui serrer la poitrine.
Avant de partir, il avait lui-même appelé Patricia.
« Lauren va être seule avec Noah pendant quelques jours.
Passe la voir si tu peux.
»
Il avait cru demander de l’aide.
Sans le vouloir, il avait envoyé dans leur maison deux personnes qui avaient transformé chaque difficulté de Lauren en accusation contre elle.
Il posa une main sur son bras.
« Je suis désolé.
»
Lauren essuya ses joues.
« Ce n’est pas toi.
»
« C’est moi qui leur ai demandé de venir.
»
« Tu pensais qu’elles aideraient.
Moi aussi.
»
Après le dîner, Ethan donna le bain à Noah pendant que Lauren s’allongeait enfin dans leur chambre.
Il contrôla la température de son fils, nota l’heure du médicament et resta assis avec lui dans le fauteuil de sa chambre jusqu’à ce que sa respiration devienne plus régulière.
Vers neuf heures, son téléphone vibra.
PATRICIA.
Il ne répondit pas.
Quelques secondes plus tard, un message apparut.
« Quand tu seras prêt à parler comme un adulte, appelle-moi.
»
Ethan regarda l’écran puis le verrouilla.
Un deuxième message arriva.
« Je n’accepterai pas d’être humiliée devant Melissa dans la maison de mon propre fils.
»
Puis un troisième.
« Lauren aurait pu dire quelque chose si elle voulait davantage d’aide.
»
Cette fois, Ethan répondit.
« Elle n’avait pas à demander à deux adultes assises dans sa cuisine de voir qu’elle avait besoin d’aide.
Nous parlerons demain.
Pas ce soir.
»
Patricia répliqua presque immédiatement.
« Elle t’a monté contre nous.
»
Ethan posa le téléphone face contre table.
C’était précisément ce qu’il refusait désormais d’accepter : chaque comportement de sa mère finissait par devenir la