sa femme.
« Qu’est-ce que tu lui as dit ? »
« Rien de ce qu’ils prétendent.
»
C’est alors que le père qui avait annoncé avoir filmé la fin s’est approché.
« J’ai commencé à enregistrer quand elle a élevé la voix », a-t-il expliqué.
« Je pensais qu’il y aurait une altercation.
»
Il a regardé Marc.
« Je peux vous montrer la vidéo si la mère de la petite est d’accord.
»
Marc s’est tourné vers moi.
J’ai hésité.
Je détestais l’idée que les dernières minutes de Mia puissent devenir un spectacle.
« Seulement ici », ai-je répondu.
« Et personne ne publie quoi que ce soit avec ma fille.
»
L’homme a hoché la tête immédiatement.
« Bien sûr.
»
Il a lancé la vidéo.
On entendait ma voix : « Excusez-moi, ces places sont réservées.
»
Puis celle de madame Vernier.
Claire.
Froide.
« Si vous n’êtes pas dessus, elles ne sont plus à vous.
»
Quelques secondes plus tard venait la phrase que j’aurais voulu pouvoir effacer de la mémoire de Mia.
« Il existe des endroits pour les enfants malades.
Les gens viennent ici pour se détendre.
»
Laurent a fermé les yeux.
Sa femme a tenté de saisir le téléphone.
« Ça suffit ! »
Il a retiré l’appareil hors de sa portée.
« Non », a-t-il dit.
« Ça ne suffit pas.
»
Pour la première fois, sa voix était dirigée contre elle.
Elle l’a regardé comme s’il venait de la trahir.
« Tu vas prendre leur parti ? »
Il a désigné Mia.
« Il n’y a pas de parti à prendre.
Tu as parlé ainsi à une enfant.
»
Madame Vernier a rougi.
« Je ne savais pas qu’elle venait de sortir d’un traitement.
»
Mia a murmuré :
« Ça aurait changé quoi ? »
Personne n’a répondu tout de suite.
Je me suis tournée vers elle.
Elle fixait la femme avec une gravité qui ne devrait jamais appartenir à une enfant de huit ans.
« Si j’avais juste été chauve sans être malade, vous auriez eu le droit d’être méchante ? »
Le silence qui a suivi fut probablement le moment le plus difficile de la journée.
Parce que Mia venait de comprendre quelque chose que beaucoup d’adultes mettent des années à apprendre : une excuse fondée sur l’ignorance n’efface pas le mépris.
Madame Vernier n’a trouvé aucune réponse.
Marc a repris la parole.
« Madame, votre séjour prend fin aujourd’hui.
Vos effets personnels seront rassemblés en présence d’un membre de la sécurité.
Les nuits restantes seront remboursées, conformément à nos conditions générales, mais vous ne pourrez plus réserver dans les établissements du groupe pendant douze mois.
»
Je l’ai regardé.
C’était plus mesuré que ce que certains auraient sans doute souhaité.
Mais cela me convenait.
Je ne voulais pas utiliser mon pouvoir pour détruire cette femme.
Je voulais que notre règlement protège réellement les personnes qu’il prétendait protéger.
Madame Vernier, elle, semblait s’attendre à quelque chose de plus spectaculaire.
« Douze mois ? Vous plaisantez ? »
« Non.
»
« Vous allez perdre des clients importants.
»
Laurent a soupiré.
« Arrête.
»
Elle s’est retournée vers lui.
« Pardon ? »
« J’ai dit arrête.
»
Il semblait épuisé plus que furieux.
« Tu