concernant plus de cent hectares autour de Blackwater Lake.
Le lac.
Le terrain de la cabane.
Les bois.
Une grande partie des terres que la famille Vance avait toujours considérées comme appartenant à plusieurs investisseurs locaux.
« Ma mère ne possédait pas tout ça.
»
« Elle le possédait », répondit Leandro.
« Ou du moins, elle était censée le posséder.
»
Elara parcourut les pages.
Un notaire.
Deux témoins.
Une signature.
Et une clause manuscrite.
Si le propriétaire décède, le titre revient à son unique héritière légitime.
Elara relut la phrase.
Une fois.
Deux fois.
« Moi ? »
Leandro acquiesça.
« Vous.
»
La maison se fit soudain trop petite.
Elle pensa à la banque.
À la saisie de la boulangerie.
Aux lettres de mise en demeure.
À l’avocat du créancier qui lui avait dit que sa famille n’avait plus aucun actif exploitable.
« Alors pourquoi la banque a-t-elle pu prendre la boulangerie ? »
Leandro tourna la page suivante.
Son visage changea.
« Parce que quelqu’un savait que vous ne connaissiez pas cet acte.
»
Elara entendit un bruit contre la fenêtre.
Un homme dehors venait de taper doucement sur la vitre.
Elle recula.
Puis il leva une feuille qu’elle pouvait voir à travers le verre.
Une ordonnance judiciaire.
Leandro serra la mâchoire.
« Ils essaient de vous faire passer pour la propriétaire d’un actif volé.
»
« Comment savent-ils que j’ai ce dossier ? »
« Parce que quelqu’un a parlé.
»
Leandro regarda sa propre veste trempée.
« Et il y a pire.
»
Il prit une seconde feuille dans l’enveloppe.
Cette fois, il s’agissait d’une liste de noms.
Plusieurs étaient barrés.
Certains correspondaient à des hommes et des femmes qu’Elara connaissait seulement de réputation.
Un ancien juge.
Un responsable bancaire.
Deux hommes politiques locaux.
Puis son père.
Thomas Vance.
Le nom n’était pas barré.
Elara secoua la tête.
« Mon père est mort.
»
« Je sais.
»
« Alors pourquoi son nom est ici ? »
Leandro regarda les lignes restantes.
« Parce que cette liste n’est pas celle des morts.
»
Il posa un doigt sur une petite colonne de chiffres.
« C’est une liste de personnes qui ont reçu de l’argent pour garder ce secret.
»
Elara sentit ses jambes faiblir.
Toute sa vie, elle avait cru que sa famille avait simplement connu des difficultés financières.
Elle venait de découvrir que son père avait peut-être vécu au milieu d’un arrangement clandestin qu’il lui avait caché jusqu’à sa mort.
Un claquement métallique retentit dehors.
Leandro se retourna brusquement.
« Ils commencent à s’impatienter.
»
Puis quelqu’un parla derrière la porte.
« Monsieur Moretti, nous savons que vous êtes blessé.
Nous savons que vous ne pouvez pas aller loin.
»
La voix s’interrompit.
« Et mademoiselle Vance, votre famille a déjà perdu une boulangerie.
Nous serions désolés de vous voir perdre davantage.
»
Elara sentit son sang se glacer.
Elle allait répondre quand Leandro leva un doigt.
Pas un mot.
Il écoutait.
Des pas.
Puis trois coups.
Un rythme régulier.
Leandro attrapa son arme à la cheville.
« Ils ne veulent pas entrer pour me tuer », murmura-t-il.
« Alors qu’est-ce qu’ils veulent ? »
« Le dossier.
»
La poignée tourna.
Elara s’éloigna de la porte.
Leandro ouvrit brusquement la porte intérieure