La fillette qu’on croyait abandonnée détenait la preuve qui innocentait son père

là.

Mariana resta immobile.

« À qui ? »

« Il n’a jamais terminé.

»

Elle se tourna vers la clé USB.

Cette fois, elle appuya sur lecture.

L’écran afficha une vidéo prise dans la maison quelques jours auparavant.

Samuel était assis devant la caméra.

Il paraissait épuisé, mais parfaitement lucide.

« Lupita, si tu regardes cette vidéo un jour, ce n’est pas parce que je t’ai abandonnée.

C’est parce que j’ai fait tout ce que je pouvais pour te garder en sécurité.

»

Mariana baissa instinctivement le volume.

Samuel continua.

« On te fera peut-être croire que je suis parti parce que je ne voulais plus de toi.

Ce n’est pas vrai.

Je veux que tu te rappelles une chose : l’amour ne demande jamais à un enfant d’avoir peur.

»

Lupita, encore endormie, remua légèrement.

La phrase semblait lui être familière.

Sur l’écran, Samuel posa un dossier devant lui.

« Le problème, ce n’est pas ta mère.

Ce n’est même pas moi.

Le problème, c’est la personne qui contrôle les documents qui racontent votre histoire.

»

Mariana échangea un regard avec Esteban.

« De qui parle-t-il ? »

« Regardez jusqu’au bout.

»

Samuel tourna une page.

Un nom apparaissait.

Docteur Arturo Vega.

Le médecin qui avait signé plusieurs rapports anciens concernant Lupita.

Le même médecin qui avait affirmé, des années plus tôt, que sa mère était incapable de s’occuper d’elle.

Mariana sentit son estomac se nouer.

« Mercado et Vega ne sont pas la même personne ? »

« Non.

»

« Alors pourquoi le dossier contient-il les deux noms ? »

Esteban répondit doucement :

« Parce que quelqu’un a modifié certaines pages.

»

Avant que Mariana ne puisse répondre, une infirmière entra précipitamment.

« Agent Torres, il y a un homme à l’accueil.

Il demande à voir Lupita.

Il prétend être son grand-oncle.

»

Esteban pâlit.

« Son grand-oncle n’est pas censé savoir qu’elle est ici.

»

Mariana se leva.

« Description.

»

« Costume gris.

Environ cinquante ans.

Il connaît son nom complet et il a une copie d’une ordonnance.

»

Mariana attrapa le dossier.

« Personne ne monte.

»

Elle sortit dans le couloir avec deux agents de sécurité.

Au bout du corridor, un homme attendait près des ascenseurs.

Il n’avait pas l’air inquiet.

Au contraire.

Il souriait.

« Agent Torres », dit-il.

« Je m’appelle Arturo Vega.

Je suis le frère du père de Lupita.

»

Mariana ne répondit pas tout de suite.

« Vous connaissez le Dr Mercado ? »

Le sourire disparut légèrement.

« Oui.

»

« Vous savez que cette enfant est hospitalisée ? »

« Naturellement.

»

« Comment ? »

« Le quartier parle.

»

Mariana s’approcha.

« Le quartier n’est pas censé connaître le numéro de chambre.

»

L’homme regarda vers la vitre.

« Je suis ici pour sa sécurité.

»

« Curieux.

Son père disait exactement l’inverse.

»

Arturo resta silencieux.

Puis il dit une phrase qui fit changer le visage d’Esteban.

« Samuel a toujours été très dramatique.

Il a probablement oublié que j’ai, moi aussi, des copies de ses documents.

»

Mariana demanda à voir les papiers.

Arturo sortit une chemise.

Elle contenait une série de rapports médicaux, tous parfaitement ordonnés.

Trop parfaitement ordonnés.

Mariana compara une date avec celle de l’ordonnance de

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