de saint Christophe qu’elle portait depuis l’enfance.
Elle n’était pas venue ici pour sauver un patron mafieux.
Elle était venue pour découvrir la vérité avant que d’autres personnes ne disparaissent.
« Je ne suis pas ici pour vous », murmura-t-elle.
Matteo plissa les yeux.
« Je sais.
»
Anna resta immobile.
« Alors vous saviez ? »
« Je savais que tu mentais.
Je ne savais pas encore pourquoi.
»
Cette phrase lui fit plus mal qu’elle ne l’aurait admis.
« Vous m’avez jugée avant même de me connaître.
»
Matteo détourna les yeux vers les billets posés sur la table.
« J’ai appris à supposer le pire.
»
« Ce n’est pas une excuse.
»
Il la regarda à nouveau.
Et contre toute attente, il répondit :
« Non.
»
C’était la première fois qu’Anna percevait autre chose que du contrôle chez lui.
Une porte s’ouvrit dans le couloir.
Carlo apparut.
« Matteo, nous avons un problème avec les hommes de la sécurité— »
Il s’interrompit en voyant Anna près du canapé.
Son regard descendit vers le carnet.
Une fraction de seconde.
Pas plus.
Mais Anna la vit.
Carlo pâlit.
Matteo aussi l’avait vue.
« Fermez la porte », dit Matteo.
Carlo hésita.
« Maintenant.
»
La porte se referma.
Matteo posa le carnet sur la table.
« Tu vas parler », dit-il à Carlo.
« Je ne comprends pas.
»
« Mauvaise réponse.
»
Carlo tenta de rire, mais aucun son ne sortit correctement.
Anna recula d’un pas.
Elle savait que ce moment pouvait basculer dans n’importe quelle direction.
Une accusation, un tir, une arrestation.
Rien n’était certain.
Alors son téléphone vibra dans la poche de son uniforme.
Elle ne le sortit pas immédiatement.
Une seconde vibration suivit.
Puis une troisième.
Matteo fixa sa poche.
« Sors-le.
»
Anna obéit.
L’écran affichait un message très court.
NE FAITES CONFIANCE À PERSONNE.
En dessous se trouvait une seconde ligne :
NOUS SAVONS POUR CARLO.
Anna sentit ses jambes devenir faibles.
Elle leva les yeux vers Matteo.
« Qui est-ce ? » demanda-t-il.
« Je ne sais pas.
»
Et, cette fois, elle disait la vérité.
Matteo fit un signe à l’un de ses hommes.
Celui-ci s’approcha du téléphone, mais Anna le retint.
« Ne touchez pas à ça.
»
Matteo la dévisagea.
« Pourquoi ? »
« Parce que si quelqu’un veut savoir si je suis surveillée, il attend peut-être précisément que vous fassiez cette erreur.
»
Le silence revint.
Matteo regarda Carlo.
Carlo ne soutenait plus son regard.
Quelques minutes plus tard, une deuxième enveloppe fut trouvée dans le bureau privé.
Puis une troisième dans le coffre du garage.
Toutes contenaient les mêmes références, les mêmes dates et les mêmes initiales.
Anna avait cru qu’elle enquêtait sur une organisation extérieure.
Elle découvrait qu’une partie du problème venait de l’intérieur.
Mais Matteo fit quelque chose qu’elle n’attendait pas.
Il ne la livra pas à ses hommes.
Il lui demanda de s’asseoir.
« Depuis combien de temps travailles-tu contre ma famille ? »
Anna ferma les yeux un instant.
« Pas contre votre famille.
Contre ce que quelqu’un lui fait.
»
Matteo ne posa plus de questions.
Il écouta.
Elle lui révéla qu’un intermédiaire fédéral l’avait approchée après plusieurs anomalies financières liées à des sociétés utilisées par les Ricci.
Elle