La porte du sous-sol s’ouvrit avec un déclic sec.
Claire resta derrière le comptoir, la lettre d’Élodie dans une main et la petite clé du coffre 317 dans l’autre.
À côté d’elle, Noah ne disait rien.
Son regard allait de Marc Vernier à la porte qui venait de s’entrouvrir au fond de l’agence.
L’agent de sécurité, Karim, porta immédiatement la main à sa radio.
« Qui est en bas ? » demanda-t-il.
Marc répondit trop vite.
« Personne.
»
Karim le regarda.
« Alors pourquoi la porte vient-elle de s’ouvrir ? »
Marc ne répondit pas.
Le téléphone de Claire vibra encore.
Le message du numéro inconnu restait affiché : « N’allez pas au coffre 317 seule.
Il sait ce qu’il y a dedans.
»
Elle releva les yeux vers Marc.
« Qui est Élodie pour vous ? »
« Une ancienne cliente.
»
« Vous avez dit que vous saviez exactement quel âge avait son fils.
»
Marc serra les mâchoires.
« J’ai vu son dossier.
»
Claire connaissait assez bien le fonctionnement de l’agence pour savoir que cette réponse n’avait aucun sens.
Le compte d’Élodie avait été clôturé près de trois ans auparavant.
Aucun dossier client courant n’aurait indiqué l’âge précis d’un enfant qui n’avait jamais été cotitulaire.
Noah tira doucement sur la manche de Claire.
« Madame ? »
Elle se pencha vers lui.
« Oui ? »
« Maman a dit que si quelqu’un mentait sur moi, je devais vous donner ça aussi.
»
Il sortit de sa poche une enveloppe minuscule, pliée derrière la doublure de son sweat.
Claire l’ouvrit.
À l’intérieur se trouvait une photocopie d’acte de naissance.
Nom de l’enfant : Noah Delcourt.
Nom de la mère : Élodie Delcourt.
La ligne réservée au père était vide.
Au verso, Élodie avait écrit à la main : « Marc croit encore que personne ne peut prouver ce qui s’est passé en 2021.
Le coffre contient la preuve qu’il se trompe.
»
Marc vit le papier.
Son visage changea.
« Ça suffit », dit-il.
« Cet enfant doit être confié aux services compétents.
Et l’argent doit être placé sous scellés.
»
Karim ne bougea pas.
« Vous avez demandé qu’on ferme les portes.
Maintenant vous voulez faire sortir l’enfant ? »
« Je dirige cette agence.
»
« Et moi, je suis chargé de la sécurité des personnes ici.
»
Pour la première fois depuis son arrivée, Marc sembla comprendre qu’il ne contrôlait plus la pièce.
Autour d’eux, les clients chuchotaient.
Une femme avait repris son téléphone et filmait ouvertement.
Claire aurait normalement demandé qu’on cesse, mais elle comprenait désormais pourquoi Élodie avait choisi un horaire d’affluence.
Chaque témoin était une protection supplémentaire.
Claire posa l’acte de naissance à côté du sac.
« Karim, pouvez-vous rester avec Noah ? »
« Oui.
»
« Je vais au coffre 317.
»
Marc fit un pas.
« Non.
»
Claire tourna la tête vers lui.
« La lettre m’est adressée.
La clé m’a été remise devant témoins.
»
« Vous ignorez ce qu’il y a là-dessous.
»
« Justement.
»
Une voix s’éleva alors depuis l’entrée.
« Elle ne descendra pas seule.
»
Un homme d’une cinquantaine d’années venait d’entrer, manteau sombre sur le bras, mallette en cuir à la main.
Il semblait essoufflé mais parfaitement maître