de lui.
« Maître Julien Morel », se présenta-t-il.
« Avocat d’Élodie Delcourt.
»
Marc recula d’un demi-pas.
Claire remarqua immédiatement ce mouvement.
Morel s’approcha du comptoir et montra sa carte professionnelle à Karim, puis plusieurs documents signés.
« Madame Delcourt m’a donné instruction de venir dans cette agence aujourd’hui à neuf heures trente si elle ne me contactait pas avant huit heures.
Je suppose que le garçon est Noah.
»
Le petit hocha la tête.
Morel se pencha à sa hauteur.
« Ta maman m’a parlé de toi.
Tu as fait exactement ce qu’elle t’avait demandé.
»
Noah demanda aussitôt : « Vous savez où elle est ? »
L’avocat hésita.
« Pas encore.
Mais on va la chercher.
»
Marc croisa les bras.
« Vous n’avez aucune autorité pour accéder à nos coffres.
»
Morel ouvrit sa mallette.
« Le coffre 317 a été loué au nom d’Élodie Delcourt par contrat reconduit tacitement.
Il n’appartient pas à la banque.
Madame Delcourt m’a désigné comme mandataire secondaire il y a six semaines.
Voici l’original enregistré.
»
Claire prit le document.
Tout était en règle.
Marc le savait aussi.
Cela se voyait à la façon dont il regardait la signature sans tenter de la contester.
Ils descendirent à quatre : Claire, Morel, Karim et Marc.
Noah resta à l’étage avec une collègue de Claire, à portée de vue des clients.
L’escalier conduisait à une ancienne salle blindée qui n’était presque plus utilisée.
Les murs y étaient épais, l’air plus froid.
Une rangée de petits coffres métalliques occupait le fond.
317.
Claire introduisit la clé.
Marc murmura : « Vous devriez vraiment réfléchir avant d’ouvrir ça.
»
Morel se tourna vers lui.
« Est-ce une menace ? »
« Un conseil.
»
« Dans ce cas, vous pourrez le répéter devant les enquêteurs.
»
Marc ne répondit plus.
La serrure céda.
Dans le coffre se trouvaient trois choses.
Un disque dur externe.
Une enveloppe épaisse portant la mention « Contrats et relevés ».
Et un petit téléphone ancien enveloppé dans un sac plastique transparent.
Morel mit des gants avant de toucher quoi que ce soit.
« Rien ne sort de cette pièce sans être photographié.
»
Claire acquiesça.
Marc, lui, fixait le téléphone.
« Ça ne prouve rien.
»
Morel leva les yeux.
« Personne n’a encore dit ce qu’il contient.
»
C’était la deuxième fois en moins d’une demi-heure que Marc se défendait contre une accusation qui n’avait pas encore été formulée.
Ils remontèrent.
Dans l’agence, Noah attendait assis sur une chaise, les pieds ne touchant pas le sol.
Le sac d’argent se trouvait toujours sur le comptoir, désormais surveillé par deux agents.
Morel brancha le disque dur à un ordinateur isolé du réseau interne de la banque.
Il contenait plusieurs dossiers datés.
Claire reconnut immédiatement certaines références : comptes d’entreprises, transferts internes, demandes de retraits exceptionnels.
Morel ouvrit un fichier vidéo.
L’image montrait le bureau de Marc trois ans plus tôt.
Élodie apparaissait dans le champ.
Elle semblait plus jeune, mais épuisée.
Marc était assis face à elle.
La vidéo commença au milieu d’une conversation.
« …tu ne peux pas continuer à déplacer cet argent », disait Élodie.
Marc répondit : « Ce n’est pas ton problème.
»
« Si.
Parce que tu utilises les comptes de clients qui