ne vérifient pas leurs relevés.
»
« Temporairement.
»
« Tu as falsifié leurs signatures.
»
Marc se leva dans la vidéo et ferma la porte de son bureau.
Dans l’agence, personne ne parlait.
Sur l’enregistrement, il se rapprocha d’Élodie.
« Écoute-moi bien.
Tu as signé des documents toi aussi.
Si je tombe, tu tombes avec moi.
»
« Tu m’as fait signer sans me montrer les pages complètes.
»
« Bonne chance pour le prouver.
»
La vidéo s’arrêta.
Claire sentit un frisson lui parcourir les bras.
Elle se souvenait d’Élodie à cette époque.
Elle venait souvent demander des copies de documents.
Marc lui avait expliqué qu’il s’agissait d’une cliente confuse, obsédée par d’anciens relevés.
Claire l’avait cru.
Morel ouvrit le dossier suivant.
Cette fois, il contenait les scans de formulaires bancaires.
Des dizaines de signatures comparées.
Certaines correspondaient manifestement à la main de Marc.
D’autres avaient été imitées.
L’enveloppe du coffre contenait les originaux de plusieurs contrats.
« Elle avait constitué un dossier complet », murmura Claire.
« Oui », répondit Morel.
« Mais ce n’est pas tout.
»
Il prit le petit téléphone.
Le code était écrit sur un papier glissé dans la coque.
À l’intérieur se trouvaient des messages sauvegardés entre Élodie et Marc.
Les premiers parlaient d’argent.
Les suivants devenaient personnels.
Marc avait envoyé à Élodie des dizaines de messages après qu’elle eut découvert les transferts.
D’abord des excuses.
Puis des menaces.
« Tu ne comprends pas ce que tu risques.
»
« Pense à ton fils.
»
« Personne ne croira une ancienne employée contre moi.
»
Claire s’arrêta.
« Ancienne employée ? »
Morel hocha la tête.
« Élodie travaillait ici avant votre arrivée.
»
Claire regarda Marc.
Tout s’assemblait.
Élodie n’avait jamais été seulement une cliente.
Marc avait volontairement laissé Claire le croire.
Morel ouvrit un autre message.
Celui-ci datait de cinq ans plus tôt.
Marc avait écrit : « Je te donnerai ce qu’il faut pour le petit, mais mon nom ne doit apparaître nulle part.
»
Claire sentit sa gorge se serrer.
Noah, installé trop loin pour lire l’écran, jouait avec le cordon de son sweat.
Morel baissa aussitôt l’ordinateur pour que l’enfant ne puisse rien voir.
« Marc », dit-il calmement, « êtes-vous le père de Noah ? »
Le directeur éclata d’un rire bref.
« C’est absurde.
»
« Vous pouvez donc l’affirmer sans hésiter ? »
« Oui.
»
Morel sortit alors un document de sa mallette.
« Élodie avait anticipé cette réponse.
»
Il s’agissait du rapport d’un laboratoire agréé.
Quelques semaines auparavant, lors d’une médiation privée à laquelle Marc avait accepté de participer pour, selon ses propres mots, « mettre fin à des accusations diffamatoires », un prélèvement avait été effectué avec son consentement.
Il avait cru que la procédure concernait uniquement une contestation d’identité liée à des messages.
Mais l’autorisation qu’il avait signée permettait également une comparaison génétique lorsqu’un lien familial constituait un élément du litige.
Résultat : probabilité de paternité supérieure à 99,9 %.
Marc saisit le papier.
« C’est illégal.
»
Morel lui retira calmement le document des mains.
« Vous avez signé l’autorisation.
Votre propre avocat était présent.
»
Claire vit quelque chose se briser dans l’expression de Marc.
Pas de la tristesse.
Du calcul.
Il regarda la sortie.
Karim se