contestés avaient-ils été validés depuis ses identifiants personnels ?
Et surtout, pourquoi une caméra de sécurité extérieure montrait-elle sa voiture devant le domicile d’Élodie la veille au soir ?
À cette dernière question, Marc cessa de parler.
Il demanda un avocat.
Ce fut la première décision prudente qu’il prit de la matinée.
Il fut conduit hors de l’agence sans menottes visibles, mais sous escorte.
Les semaines suivantes confirmèrent l’essentiel du dossier d’Élodie.
Marc avait utilisé pendant plusieurs années des comptes très peu actifs pour déplacer temporairement des fonds, combler des pertes liées à des investissements personnels et masquer d’autres retraits.
Il profitait de son accès interne et de la confiance de clients âgés ou absents.
Élodie l’avait découvert lorsqu’elle travaillait encore à l’agence.
À l’époque, elle entretenait avec lui une relation secrète dont était né Noah.
Marc avait insisté pour que son nom ne figure pas sur l’acte de naissance et lui avait promis de régulariser la situation plus tard.
Il ne l’avait jamais fait.
Lorsqu’elle avait découvert les irrégularités bancaires, leur relation s’était transformée en piège.
Marc avait tenté de faire porter à Élodie la responsabilité de plusieurs documents qu’elle avait signés sous de faux prétextes.
Elle avait quitté son poste et commencé à rassembler des preuves en silence.
Pendant trois ans, elle avait conservé des copies, récupéré des originaux, enregistré leurs conversations lorsque la loi le permettait et travaillé avec Maître Morel pour construire un dossier suffisamment solide.
Le sac d’argent avait été la dernière pièce.
Élodie avait découvert l’endroit où Marc conservait une partie des fonds avant de les déplacer vers un autre compte.
Elle ne les avait pas pris pour elle.
Elle les avait récupérés uniquement lorsqu’elle avait compris que Marc savait pour le coffre et qu’il risquait de faire disparaître le reste des preuves.
Elle avait choisi Noah comme messager pour une raison terrible mais simple : personne autour de Marc ne connaissait vraiment l’enfant.
Et elle savait qu’un garçon de cinq ans entrant seul avec un sac pareil attirerait immédiatement tous les regards.
Il serait presque impossible de faire disparaître le sac, la lettre ou Noah sans témoins.
La stratégie était dangereuse.
Morel le lui reprocha d’ailleurs sévèrement lorsque tout fut terminé.
Élodie le reconnut elle-même.
« Je n’aurais jamais dû lui demander ça », dit-elle plus tard à Claire.
« J’avais peur et je pensais ne plus avoir d’autre option.
»
Noah, heureusement, ne resta seul que quelques minutes entre la voiture de la voisine et l’entrée de l’agence.
La voisine l’avait surveillé à distance conformément aux instructions d’Élodie, prête à intervenir si quelqu’un l’approchait.
Lorsque mère et fils furent enfin réunis, le soir même, Noah se jeta contre elle avec une force qui fit vaciller Élodie.
Claire se trouvait dans le couloir du commissariat avec Morel.
Elle ne vit pas le visage de Noah, enfoui dans le manteau de sa mère.
Elle vit seulement les mains d’Élodie se refermer autour de lui.
Longtemps.
Comme si elle comptait ses respirations.
Marc fut par la suite mis en examen pour plusieurs infractions financières et pour des faits liés aux tentatives d’intimidation visant Élodie.
La question de la voiture aperçue près de chez elle fit l’objet d’une enquête séparée.
Tous les soupçons initiaux ne purent être établis de la même manière, mais les preuves financières,