majorité une participation importante dans la société propriétaire de l’hôtel.
»
Élise cessa presque de respirer.
« Vous êtes en train de dire que… »
« Je dis que votre mère était enceinte de Gabriel Beaumont lorsqu’elle a disparu.
»
Henri ferma les yeux.
Élise regarda la photo posée sur le comptoir : Claire, plus jeune qu’elle ne l’avait jamais connue, serrant un nourrisson contre elle.
« Donc le bébé… c’est moi ? »
« Oui », répondit Vignal.
Un murmure courut dans le hall.
Sabine s’avança brusquement.
« C’est ridicule.
Une photographie ne prouve aucune filiation.
»
« Exact », dit Vignal.
« C’est pourquoi Claire avait prévu davantage.
»
Il montra la clé.
« Dans la 417.
»
Élise fixa les portes de l’ascenseur.
Elle pensa à sa mère durant ses dernières semaines de maladie.
À ses silences lorsqu’Élise posait des questions sur son père.
À cette phrase étrange, répétée deux fois : Si un jour ils essaient de te faire croire que tu n’as rien à faire là-bas, demande la 417.
À l’époque, Élise avait pensé qu’il s’agissait d’un souvenir confus.
Maintenant, toute sa vie semblait construite autour d’une porte qu’elle n’avait jamais vue.
Elle entra dans l’ascenseur.
Henri et Vignal la suivirent.
Marc Valois hésita, puis entra également.
Sabine se glissa juste avant la fermeture des portes.
« Je viens.
»
Personne ne protesta.
Le quatrième étage était silencieux.
Loin du gala, on n’entendait plus que le bourdonnement discret de la ventilation.
Ils passèrent devant les chambres 410, 412, 414, 416.
Puis le couloir semblait sauter directement à 418.
Entre les deux portes, un large panneau décoratif couvrait le mur.
Vignal posa la main sur sa bordure.
« Après la disparition, l’accès a été masqué lors de travaux.
Officiellement, la chambre avait été intégrée aux locaux techniques.
»
Henri murmura :
« Je croyais qu’ils l’avaient vidée.
»
« Moi aussi.
Jusqu’à ce que Claire me contacte, six ans plus tard.
»
Élise se tourna vivement.
« Vous saviez qu’elle était vivante ? »
Vignal acquiesça.
« Elle m’a téléphoné d’une cabine publique.
Elle refusait de me dire où elle habitait.
Elle voulait seulement savoir si la chambre existait toujours et si certains documents étaient restés à l’intérieur.
»
« Pourquoi ne l’avez-vous pas signalé à Gabriel ? »
L’avocat baissa les yeux.
« Parce qu’elle m’a supplié de ne pas le faire.
Elle disait qu’elle avait peur de quelqu’un proche de lui.
»
Sabine soupira bruyamment.
« Une femme disparaît volontairement et invente ensuite une conspiration.
Très pratique.
»
Henri se retourna.
« Votre mère était présente cette nuit-là, Sabine.
»
Le couloir sembla se contracter.
Élise fixa Sabine.
« Votre mère ? »
Sabine resta immobile.
Henri poursuivit.
« Béatrice de Varenne était la sœur de la première épouse décédée de Gabriel et conseillait la famille.
Elle détestait Claire.
Elle répétait que ce mariage diluerait le contrôle de la société.
»
« Vous n’avez aucune preuve », répliqua Sabine.
« C’est précisément pour cela que nous sommes ici.
»
Vignal glissa la clé dans une serrure dissimulée derrière une petite plaque du panneau.
Un clic retentit.
Le panneau s’entrouvrit.
Derrière, une porte ancienne apparut avec ses chiffres de laiton : 417.
Élise sentit ses jambes trembler.
Elle introduisit la clé.
La serrure résista, puis