céda.
Une odeur de poussière et de bois enfermé s’échappa.
La chambre avait été dépouillée d’une partie de son mobilier, mais plusieurs éléments étaient restés intacts : une coiffeuse, un petit bureau, un fauteuil recouvert d’un drap et un coffre mural.
Sur le bureau reposait une boîte métallique.
Élise s’approcha.
Un ruban décoloré l’entourait.
Sur le couvercle, quelqu’un avait écrit à la main : Pour mon enfant.
Élise reconnut immédiatement l’écriture de sa mère.
Ses doigts se mirent à trembler.
Sabine fit un pas vers la boîte.
« N’y touchez pas avant l’arrivée de la police.
»
« Pour une fois », répondit Vignal, « nous sommes d’accord.
»
Marc Valois avait déjà appelé les autorités ainsi que le service juridique du groupe.
Ils attendirent sans toucher à rien.
Vingt minutes plus tard, deux officiers arrivèrent accompagnés d’une responsable de la sécurité de l’hôtel.
L’ouverture de la boîte fut filmée et consignée.
À l’intérieur se trouvaient plusieurs lettres, une cassette audio, un bracelet de maternité et une enveloppe de laboratoire.
Le bracelet portait deux noms : Claire Lenoir et Bébé Lenoir.
La date correspondait à celle de la photographie.
Vignal prit l’enveloppe du laboratoire avec des gants fournis par la sécurité.
« Analyse de filiation », lut-il.
Sabine secoua la tête.
« Ça peut être n’importe quoi.
»
L’officier lui demanda de garder ses commentaires pour plus tard.
Le rapport avait été établi vingt-trois ans auparavant par une clinique privée en Suisse.
Il comparait des échantillons prélevés sur Claire, le nourrisson et Gabriel Beaumont.
La conclusion était claire : probabilité de paternité supérieure à 99,9 %.
Élise s’assit sur le bord du fauteuil recouvert d’un drap.
Elle ne ressentit pas la joie spectaculaire qu’auraient imaginée les gens dans le hall.
Elle ressentit surtout un vide.
Elle avait passé sa vie à croire que son père était un homme inconnu qui avait abandonné sa mère.
Maintenant, elle apprenait qu’il avait vécu à quelques kilomètres d’elle pendant des années, propriétaire d’un empire hôtelier dont elle nettoyait les chambres.
« Est-ce qu’il savait ? » demanda-t-elle.
Personne ne répondit immédiatement.
Vignal prit une lettre.
Elle était adressée à Gabriel.
L’enveloppe n’avait jamais été ouverte.
Il la tendit à l’officier, qui autorisa Élise à la lire après l’avoir photographiée.
La lettre avait été écrite par Claire la nuit de sa disparition.
Gabriel,
Si tu lis ceci, c’est que je n’ai pas réussi à te parler avant de partir.
Béatrice sait pour le bébé.
Elle sait aussi ce que prévoit la fiducie.
Ce soir, elle m’a proposé de l’argent pour disparaître.
Quand j’ai refusé, elle m’a dit qu’un accident pouvait arriver très vite à une femme enceinte qui n’avait pas encore officiellement rejoint la famille.
Élise s’arrêta.
Sabine devint blanche.
La lettre continuait.
Je ne sais plus à qui faire confiance.
Je pars pour protéger notre enfant.
Je reviendrai quand j’aurai la certitude que nous sommes en sécurité.
Laurent possède une copie de l’acte.
Henri a vu Béatrice entrer dans ma chambre.
S’il m’arrive quelque chose, ne crois pas que je t’ai quitté parce que je ne t’aimais plus.
Élise releva les yeux vers Henri.
Il pleurait silencieusement.
« Vous l’avez vue ? »
« Oui.
»
« Et vous n’avez rien dit ? »
Henri passa une main sur son visage.
« J’ai dit