signera jamais volontairement.
»
Catherine regarda Trevor.
« Lequel de vous a écrit ça ? »
Personne ne répondit.
Elena consulta la feuille.
« Le premier message venait du compte de Madison.
Le second du compte de Trevor.
»
Jennifer porta une main à sa bouche.
Paul fixa sa fille.
Je regardai mon fils.
Je voulais trouver quelque chose dans son visage qui me permette encore de croire qu’il s’était laissé entraîner, qu’il avait été faible, manipulé, stupide.
Mais le silence qu’il choisit me donna ma réponse.
Catherine, elle, ne cria pas.
Elle ne pleura pas.
Elle demanda simplement : « Depuis combien de temps ? »
Trevor avala difficilement.
« Maman… »
« Depuis combien de temps préparais-tu ça ? »
« Quelques mois.
»
« Combien ? »
« Six.
Peut-être sept.
»
Elle hocha lentement la tête.
« Et pendant ces sept mois, tu venais dîner chez nous chaque dimanche.
»
Trevor baissa les yeux.
« Tu demandais à ton père comment allait sa tension.
Tu apportais du vin.
Tu embrassais ta sœur.
Tu me demandais si j’avais besoin d’aide avec les réunions du conseil.
»
Chaque phrase semblait le rendre plus petit.
« Pendant tout ce temps, tu préparais les documents pour prendre l’entreprise.
»
« Je pensais faire ce qui était nécessaire.
»
Catherine le fixa.
« Nécessaire pour qui ? »
Il n’eut aucune réponse.
Madison en eut une.
« Pour nous.
»
Tous les regards se tournèrent vers elle.
Elle avait enfin abandonné toute prudence.
« Oui, pour nous.
Parce que vous vous accrochez à cette société comme si personne d’autre n’avait le droit de vivre.
Trevor a quarante ans.
Combien de temps était-il censé attendre ? Jusqu’à soixante ans ? Jusqu’à votre mort ? »
Catherine resta étonnamment calme.
« Il n’était pas censé attendre ma mort.
Il était censé construire quelque chose qui lui appartienne.
»
Madison ricana.
« Facile à dire quand on possède déjà tout.
»
« Nous ne possédions rien quand nous avons commencé.
»
« Et alors ? »
Cette réponse changea quelque chose dans le visage de Catherine.
Pas de la colère.
Une fermeture.
Comme une porte qu’elle avait gardée ouverte trop longtemps.
Elle se tourna vers Elena.
« Le conseil a-t-il voté uniquement la suspension de Trevor ? »
Elena secoua la tête.
« Non.
Il a également autorisé, sous réserve de votre confirmation en tant qu’actionnaire majoritaire, le retrait immédiat de toutes ses délégations financières et de ses accès aux systèmes.
»
« Je confirme.
»
Trevor releva la tête.
« Maman, attends.
»
« Non.
»
« Tu ne peux pas prendre une décision comme ça au milieu d’un mariage.
»
Catherine regarda sa robe couverte de boue.
« C’est toi qui as choisi l’endroit.
»
Personne n’osa parler.
Elena fit signe à l’un des agents de sécurité, qui remit à Trevor une petite enveloppe.
« Vos cartes d’accès sont désactivées.
Vos appareils professionnels devront être rendus avant votre départ.
»
Trevor fixa l’enveloppe sans la prendre.
« Vous me mettez dehors ? »
Je répondis cette fois.
« De l’entreprise, oui.
»
Il tourna les yeux vers moi.
« Et de la famille ? »
La question me traversa plus profondément que je ne l’aurais voulu.
Je regardai l’enfant que j’avais appris