pourquoi ces gens étaient-ils à cinq minutes d’ici ? »
Claire répondit cette fois.
« Parce que nous avions une réunion à quatorze heures dans l’hôtel de l’autre côté de l’autoroute.
Le commandant est arrivé en avance et a décidé de déjeuner seul.
»
Le chef regarda le petit appareil noir sur la table.
Daniel le prit entre deux doigts.
« Balise d’assistance personnelle.
Une pression envoie ma position et déclenche un canal sécurisé.
Après ma dernière opération au genou, Claire a insisté pour que je la garde sur moi.
»
« Donc tout ça pour une canne ? » lança un autre motard.
Daniel tourna lentement les yeux vers lui.
« Non.
Tout ça parce qu’un homme a cru qu’il pouvait choisir quelqu’un de plus faible que lui, l’humilier en public et repartir en riant.
La canne n’est qu’un objet.
Votre décision, elle, vous appartient.
»
Un silence lourd suivit.
Puis on entendit des sirènes au loin.
Le chef des motards fit deux pas vers Daniel.
« Écoutez.
On peut régler ça.
»
« Vous aviez déjà cette possibilité.
»
« Combien ? »
Daniel plissa légèrement les yeux.
« Pardon ? »
Le motard baissa la voix.
« Pour le verre.
La table.
Votre veste.
Je vous paie.
On oublie tout.
»
Cette fois, plusieurs clients eurent un mouvement de dégoût visible.
Daniel, lui, resta parfaitement calme.
« Vous pensez encore que tout a un prix.
»
« Tout le monde en a un.
»
Claire s’approcha.
« Voilà probablement la phrase la moins intelligente que vous pouviez prononcer devant témoins aujourd’hui.
»
Le chef se retourna vers elle.
« Vous me menacez ? »
« Non.
Je vous écoute.
»
Les premières voitures de police apparurent sur le parking.
Marcus commença soudain à respirer plus vite.
Il tira le chef par la manche.
« Il faut qu’on sorte.
Maintenant.
»
Le chef le repoussa.
« Calme-toi.
»
« Tu ne comprends pas qui c’est.
»
« C’est un vieux militaire avec de l’argent.
»
Marcus secoua la tête.
« Non.
Meridian travaillait avec des contrats fédéraux.
Des audits.
Des enquêtes internes.
Mercer ne laisse jamais tomber un dossier quand quelque chose manque.
Jamais.
»
Daniel observa Marcus sans satisfaction apparente.
« C’est ce que tu racontais à tes collègues après ton licenciement ? »
Marcus resta muet.
Claire ouvrit alors une deuxième enveloppe.
« Puisqu’il en parle… »
Marcus leva immédiatement les mains.
« Je n’ai rien fait.
»
Le chef se retourna vers lui.
« Rien fait de quoi ? »
Trop tard.
Claire sortit plusieurs feuilles.
« Hier matin, notre service juridique a reçu les résultats d’un nouvel audit sur les pertes d’équipement enregistrées il y a trois ans.
À l’époque, certaines pièces semblaient avoir simplement disparu entre deux entrepôts.
La semaine dernière, un ancien sous-traitant a fourni des documents supplémentaires.
Des numéros de série.
Des bons de transport.
Des virements.
»
Marcus avait désormais le visage couvert de sueur.
Daniel s’appuya légèrement sur sa canne.
« Je ne savais pas que tu serais ici aujourd’hui », dit-il.
« Mais lorsque tu es entré avec eux, je t’ai reconnu.
»
Le chef fixa Marcus.
« Tu nous as embarqués dans quoi ? »
« Rien ! Ils bluffent ! »
« Alors pourquoi tu trembles