? »
La porte s’ouvrit de nouveau.
Deux policiers entrèrent, suivis quelques secondes plus tard d’une officière.
Le patron du restaurant s’avança immédiatement vers eux.
« C’est eux.
Le grand a commencé.
Il a pris la canne de monsieur, cassé un verre et menacé la serveuse.
»
Le chef leva les bras.
« Personne n’a menacé personne.
»
La serveuse intervint.
« Vous m’avez dit de me taire quand j’ai voulu aider.
»
« Ce n’est pas une menace.
»
L’officière regarda les débris sur le sol.
« Nous regarderons les caméras.
»
Cette simple phrase sembla épuiser le dernier argument du motard.
Les policiers commencèrent à séparer les témoins pour recueillir leurs déclarations.
Daniel fut invité à se rasseoir.
Il le fit sans protester.
Un jeune policier lui demanda s’il souhaitait une ambulance.
« Non, merci.
Je suis seulement mouillé et contrarié.
»
Le jeune homme regarda sa canne.
« Vous êtes sûr qu’on ne vous a pas fait tomber ? »
« Certain.
»
Daniel aurait pu exagérer.
Personne dans la salle ne l’aurait blâmé.
Il ne le fit pas.
C’était précisément ce qui donnait autant de poids au reste de son témoignage.
Il décrivit seulement les faits.
L’homme avait pris sa canne.
L’homme avait renversé son verre.
L’homme avait exigé qu’il rampe pour la récupérer.
L’homme l’avait touché à l’épaule malgré son refus implicite de participer à cette humiliation.
Puis Daniel avait activé sa balise.
Lorsque l’officière demanda pourquoi il avait attendu avant d’appeler à l’aide, il répondit : « Je voulais d’abord voir s’ils me laisseraient simplement tranquille.
»
À quelques mètres, le chef entendit la phrase.
Il détourna les yeux.
Marcus, lui, ne quittait plus les dossiers de Claire.
Finalement, il s’approcha d’un policier.
« Je veux parler à quelqu’un.
Seul.
»
Le chef se redressa.
« Marcus.
»
Marcus l’ignora.
« J’ai dit que je voulais parler.
»
Claire referma lentement l’enveloppe.
Daniel la regarda.
« Tu penses qu’il va coopérer ? »
« Je pense qu’il vient de comprendre que son problème principal n’est plus une altercation dans un restaurant.
»
Ce fut exactement ce qui se produisit.
L’agression du restaurant resta une affaire locale, simple et documentée.
Le chef des motards fut interpellé pour les dégradations et l’agression, puis conduit au commissariat pour être entendu.
Deux autres membres du groupe furent également interrogés sur leur participation et leurs menaces envers des témoins.
Marcus, lui, demanda immédiatement un avocat.
Les documents contenus dans la mallette n’étaient pas un mandat d’arrêt et Claire n’avait jamais prétendu le contraire.
Il s’agissait du dossier que l’équipe juridique de Meridian devait examiner avec Daniel cet après-midi-là.
Le hasard avait simplement fait asseoir les deux histoires à la même table.
Dans les semaines qui suivirent, Marcus accepta de collaborer avec les enquêteurs chargés du dossier des équipements manquants.
Ses informations menèrent à plusieurs anciens intermédiaires et confirmèrent qu’une partie des pertes provenait bien d’un système de détournement organisé.
Le chef des motards n’était pas l’architecte de ce réseau.
Mais certaines photographies et transactions montrèrent qu’il avait servi ponctuellement de transporteur pour Marcus sans toujours poser de questions sur la provenance des marchandises.
Son arrogance au restaurant n’avait donc pas créé tous ses problèmes.
Elle avait simplement ouvert la mauvaise porte devant le mauvais témoin.
Daniel, de son côté,