Genève ? »
« Je n’en sais rien.
»
Bellini ouvrit un autre dossier.
« Nous, si.
Un compte fermé en 2008.
Les fonds ont été transférés vers trois trusts contrôlés par votre groupe.
»
Camilla se tourna vers son père.
« Papa ? »
« Tais-toi.
»
Ce fut la première fissure.
La seconde survint lorsque la spécialiste financière entra avec une clé USB.
« Nous avons retrouvé les archives numériques d’une banque suisse absorbée en 2011.
Monsieur Dubois avait envoyé une copie chiffrée des mouvements à son propre cabinet diplomatique.
»
Carlo se leva brusquement.
« Cette réunion est terminée.
»
Alessandro ne bougea pas.
« Pour vous, peut-être.
»
Russo le fixa.
« Fais attention, garçon.
Nos familles font des affaires depuis avant ta naissance.
»
« C’est justement le problème.
»
Russo se pencha vers lui.
« Tu vas détruire trente ans d’alliances pour une serveuse ? »
Sophie regarda Alessandro.
Il répondit sans hausser la voix.
« Non.
Pour une fraude.
»
Puis il se tourna vers Sophie.
« Et parce qu’elle a un nom.
Utilisez-le.
»
Camilla pâlit.
Quelques heures plus tard, les avocats de Moretti remirent les pièces aux autorités compétentes ainsi qu’aux représentants légaux chargés de demander la révision publique du dossier d’Étienne Dubois.
Bellini insista pour qu’aucun élément ne disparaisse dans une négociation privée.
La stratégie provoqua immédiatement une guerre financière.
Russo Holdings tenta de geler plusieurs partenariats.
Des communiqués anonymes accusèrent Sophie d’extorsion.
Une photographie de son appartement circula sur des sites à scandale.
Son propriétaire reçut soudain plusieurs appels et changea brutalement de ton avec elle.
Mais cette fois, Sophie n’était plus seule avec une enveloppe au fond d’un tablier.
Les preuves avaient été dupliquées, certifiées et confiées à plusieurs cabinets.
Jean-Luc témoigna également qu’il avait vu, quelques semaines avant l’arrivée des Moretti au restaurant, un homme inconnu demander si « la fille Dubois » travaillait toujours là.
Monsieur Laurent retrouva les images de vidéosurveillance.
L’homme fut identifié comme un consultant employé par une société de sécurité liée aux Russo.
La coïncidence devint difficile à défendre.
Camilla elle-même acheva presque le travail de Sophie.
Convoquée avec son père par les enquêteurs, elle tenta de minimiser ses connaissances.
Mais des messages récupérés sur son téléphone montrèrent qu’elle avait envoyé, le soir du dîner, une photographie de Sophie à son père après avoir entendu Alessandro prononcer le nom Dubois.
Son message disait : Tu connais cette fille ? Alessandro agit bizarrement.
Carlo lui avait répondu : Pars immédiatement.
Ne touche pas à son sac.
Camilla n’était donc pas à l’origine du complot ancien.
Mais son père connaissait assez bien Sophie pour paniquer à la simple vue de son visage et de son nom.
Cela permit aux enquêteurs d’obtenir des autorisations supplémentaires.
Des archives furent saisies.
De nouveaux comptes apparurent.
Puis vint la pièce qui changea définitivement l’histoire d’Étienne Dubois : un enregistrement audio conservé dans les archives personnelles de Vittorio Moretti.
On entendait deux hommes discuter.
La voix de Vittorio était nette.
« Étienne n’a pris aucun argent.
S’ils cherchent un coupable, ce sera moi avant lui.
»
Puis celle de Carlo Russo :
« Il a déjà la réputation parfaite pour tomber.
Des dettes, un goût pour le jeu, un poste diplomatique.
Personne ne posera de questions.
»
Sophie écouta