qu’il n’en reste qu’une bouteille.
»
« Exact.
»
« Et vous me la recommandez ? »
Sophie réfléchit une seconde.
« Non.
Elle est beaucoup trop chère pour ce qu’elle vaut.
»
Alessandro eut un rire bref.
La première fois qu’elle l’avait rencontré, Sophie croyait que les gens puissants étaient ceux qui faisaient taire une pièce entière en entrant.
Elle savait désormais que le pouvoir pouvait prendre une autre forme.
Une femme affamée qui refuse de baisser les yeux.
Une lettre conservée pendant vingt ans.
Un registre bleu oublié dans une valise.
Une phrase prononcée calmement au moment où tout le monde s’attend à votre silence.
Avant de partir, Alessandro posa une enveloppe sur la table.
« Bellini a retrouvé ceci dans les dernières archives de mon père.
»
Sophie l’ouvrit.
À l’intérieur se trouvait une photographie d’Étienne Dubois dans un vignoble de Provence, plus jeune, souriant, un verre à la main.
Au dos, Vittorio Moretti avait écrit : À l’homme qui a payé le prix de nos erreurs.
Un jour, il faudra rendre son nom à sa fille.
Sophie resta longtemps immobile.
Puis elle glissa la photographie dans sa poche.
Cette fois, ce n’était pas un secret qu’elle transportait.
C’était quelque chose de plus rare.
La preuve que son père n’avait pas été l’homme que le monde avait décidé de condamner.
Et lorsqu’elle quitta la table 4, elle ne regarda pas le sol.