ferma les yeux un instant.
Puis il donna un seul ordre.
« Fermez les portes de la ville.
»
Cassandra éclata alors.
« Vous ne comprenez pas ! »
Tous se tournèrent vers elle.
Elle respirait trop vite.
« Il m’avait promis que rien ne changerait.
»
Theron se figea.
Rena entendit distinctement ces mots.
Cassandra venait de se trahir.
« Qui ? » demanda le roi.
Elle plaqua une main sur sa bouche.
Trop tard.
« Varick », dit le gardien.
Cassandra se mit à pleurer.
« Je ne savais pas tout.
Je savais seulement qu’il avait un plan.
Il m’a dit que si j’épousais le roi, personne ne pourrait reprendre le pouvoir.
»
Theron resta silencieux.
« Qu’est-ce que tu devais faire ? »
Cassandra secoua la tête.
« Rien.
Je devais être sa reine.
Il devait gouverner à travers moi.
»
Le roi regarda Rena.
Puis le dossier.
Puis Cassandra.
Les pièces commençaient enfin à s’emboîter.
Varick avait besoin de Cassandra sur le trône parce qu’il pouvait la contrôler.
Pour y parvenir, il fallait empêcher la véritable héritière d’être identifiée.
L’enfant qu’ils avaient cherché à effacer se tenait pourtant devant eux.
Rena.
L’oméga qu’ils faisaient travailler dans les couloirs du palais.
La fille à qui ils avaient ordonné de baisser les yeux.
Le loup sacré venait de déclarer qu’elle n’avait plus besoin de le faire.
Mais Varick restait libre.
Et il savait désormais que son secret était découvert.
La chasse commença.
Des gardes parcoururent les couloirs.
Les écuries furent fouillées.
Les portes furent surveillées.
Les messagers furent arrêtés.
Une heure plus tard, un officier arriva avec une découverte : un passage secret avait été ouvert sous la chapelle.
Varick avait préparé sa fuite depuis longtemps.
Theron prit son épée.
Rena voulut le suivre.
« Vous restez ici », ordonna-t-il.
Elle le regarda droit dans les yeux.
« J’ai passé ma vie à rester dans les pièces où les autres m’enfermaient.
Pas aujourd’hui.
»
Il hésita.
Puis il lui tendit une lampe.
« Alors restez près de moi.
»
Ils descendirent.
Le passage menait jusqu’à une ancienne crypte sous les fondations du palais.
Au bout, ils trouvèrent une porte ouverte.
Varick était là.
Il tenait une torche dans une main et plusieurs documents dans l’autre.
À ses pieds reposait un coffre.
Il regarda Rena.
Et au lieu de paraître surpris, il sourit.
« Vous avez enfin trouvé votre nom.
»
Theron s’avança.
« Tu es accusé de trahison, de falsification d’archives et de meurtre.
»
Varick eut un rire bref.
« Non.
Je suis celui qui a maintenu ce royaume debout pendant que tu jouais au roi.
»
Il jeta les documents au sol.
« Ton père était faible.
Sa lignée était divisée.
J’ai fait ce qu’il fallait.
»
Rena serra la lampe.
« Vous avez tué mes parents.
»
Le sourire de Varick disparut.
« Tes parents étaient prêts à détruire le royaume pour une vérité ancienne.
»
Theron dégaina.
« Et Cassandra ? »
Varick haussa les épaules.
« Une reine utile.
Rien de plus.
»
Cette phrase détruisit ce qu’il restait de l’orgueil de Cassandra.
Elle venait d’arriver avec les gardes et l’entendit.
« Vous m’aviez dit que je serais reine.
»
Varick ricana.
« Tu aurais été la reine que j’aurais choisie.
»
Le