silence fut brutal.
Cassandra comprit enfin qu’elle n’avait jamais été l’actrice principale de cette histoire.
Elle n’avait été qu’un outil.
Varick leva alors la main vers le coffre.
« Vous croyez que ce dossier va suffire ? »
Theron regarda le coffre.
« Qu’y a-t-il dedans ? »
Varick sourit de nouveau.
« La preuve que votre couronne actuelle elle-même repose sur un mensonge.
»
Rena sentit un frisson.
Le roi s’approcha.
Varick donna un coup de torche au sol.
Une gerbe d’étincelles tomba sur les vieux parchemins.
Les gardes se précipitèrent.
Theron renversa la flamme avant qu’elle atteigne le coffre.
Varick tenta de fuir.
Deux soldats le plaquèrent au sol.
Le coffre fut récupéré.
Et à l’intérieur, ils découvrirent le dernier document.
Un acte de succession signé par la première reine.
Il stipulait que la couronne reviendrait à sa lignée tant qu’un descendant direct existerait.
Le sang des rois actuels ne suffisait donc pas à légitimer le pouvoir.
La lignée de Rena était la source originelle.
Theron resta longtemps silencieux devant le document.
Puis il fit quelque chose que personne n’attendait.
Il posa un genou à terre devant Rena.
Toute la salle se figea.
« Je reconnais devant les témoins et les archives que tu es l’héritière légitime de la première lignée.
»
Rena recula.
« Je ne sais pas régner.
»
Theron releva les yeux.
« Tu n’as pas besoin de savoir régner aujourd’hui.
Tu dois seulement cesser de croire que tu es née pour servir les autres.
»
Quelques semaines plus tard, le royaume apprit toute la vérité.
Varick fut jugé pour ses crimes.
Les archives furent restaurées.
Les familles qui avaient profité de son complot furent écartées du conseil.
Cassandra perdit son titre avant même que la cérémonie soit recommencée.
Elle fut condamnée à répondre de sa participation au complot, mais son rôle fut distingué de celui de Varick : elle avait accepté de servir ses ambitions, sans comprendre qu’elle n’était jamais indispensable.
Quant à Rena, elle refusa d’être transformée du jour au lendemain en une figure inaccessible.
Elle conserva une partie des habitudes qu’on lui avait imposées : elle visitait les quartiers du personnel, parlait aux domestiques, exigeait que les omégas soient entendus au conseil et fit ouvrir les archives du palais aux familles dont les proches avaient disparu pendant les guerres.
Elle ne voulait plus qu’un enfant grandisse sans connaître son propre nom.
Le jour où elle entra officiellement dans le Hall des Ancêtres, les nobles étaient tous debout.
Le loup sacré était de nouveau immobile.
Mais il ne faisait plus face à l’est.
Depuis le matin de la cérémonie, il regardait Rena.
On aurait pu croire que son geste n’était qu’une vieille mécanique réveillée par le temps.
Rena savait mieux.
Elle s’approcha du socle et posa la main sur le marbre.
« Je suis là », murmura-t-elle.
Aucun bruit ne répondit.
Puis la lumière argentée apparut une dernière fois dans les yeux de pierre.
Derrière elle, Theron se tenait en silence.
Il n’avait jamais essayé de la pousser vers un mariage pour sauver une alliance.
Il avait d’abord commencé par lui offrir quelque chose qu’elle n’avait jamais reçu du palais : le droit de choisir.
Ce fut ainsi que leur histoire commença.
Pas avec une couronne.
Pas avec une prophétie.
Avec une jeune